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Téléphone le 21.11.2012, c'est Houda, moniale syrienne, qui répond. Parvenue à la fin de sa formation théologique à Rome, c'est elle qui a repris la responsabilité du Deir après le départ de Paolo Dall'Oglio.Aujourd'hui, vivent au monastère neuf membres de la communauté.

DSC00568 Houda

A part Houda, toutes les autres moniales sont à Qaryatayn, bourgade à 40 km de Mar Moussa. Elles sont hébergées au monastère de Mar Elias, dirigé par le père Jacques Mourad. Qaryatayn est une ville « libre », où opposants et forces de l'ordre sont parvenus à un accord de non agression. C'est donc un endroit calme, en tous cas pour le moment.

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Chèvres restituées

Les chèvres du monastère ont été volées en été, le privant de ses revenus et de la base de son alimentation. Sur pression d'habitants et de notables, la moitié des chèvres ont été restituées. Elles sont actuellement au monastère de Qaryatayn.

La vie à Mar Moussa est calme, explique Houda ce jour-là. Il n'y a pas de réfugiés : nous sommes trop loin des villes. Et il y a peu de visiteurs, essentiellement des amis de Nebek – la ville la plus proche – qui montent chaque semaine. Le monastère, nous dit-elle, ne manque de rien : ni de nourritures, ni d'eau, ni de médicaments. Les membres de la communauté, lorsque la situation et la sécurité des routes le permettent, se rendent selon les besoins, à Nebek (14 km) ou à Damas (80km) ou ailleurs pour visiter leur famille. Le quotidien est cependant difficile, car il fait très froid. La vie se déroule selon le même rituel de travail et de prières, le matin et le soir. Deux fois par semaine, le père Jacques vient célébrer la messe.

Récolte des olives

Trois travailleurs viennent au monastère du lundi au samedi pour retaper la cuisine et certaines des chambres. « Pour mieux accueillir nos futurs visiteurs ! », dit en riant Houda. « La présence de ces ouvriers donne un sentiment de sécurité. Mais les amis de Nebek et de la région veillent aussi sur nous » et ils ont aidé le monastère à récolter ses olives.

Comment les soutenir ? il y a plusieurs manières, répond Houda, la prière, la pensée et le soutien financier.

Ce long téléphone montre la vitalité et la force de la communauté : loin de s'effondrer en l'absence de son fondateur, elle s'est prise en main et poursuit son objectif : travailler à la réconciliation et au dialogue entre les religions et entre les différentes composantes de la société syrienne.

Troisième attaque contre le monastère

Depuis ce contact, nous avons appris fin novembre que le monastère a été l'objet d'une troisième attaque, heureusement sans blessés. La bande de voleurs est partie avec du matériel indispensable à la vie quotidienne de Mar Moussa : le tableau électrique et tous les câbles. Le générateur n'as pas pu être dérobé, car il a été muré dans son réduit, par utile précaution. Des dispositions vont être prises pour améliorer la sécurité. Le Deir n'a pour l 'heure olus d'électricité et donc plus le moyen de faire monter l'eau au monastère.